Connexions citoyennes 2026 : une nouvelle génération de jeunes leaders africains mobilise le numérique au service de la démocratie
Après six mois de formation et une immersion collective à Toubab Dialaw, au Sénégal, 24 jeunes issus de 12 pays africains ont achevé l’édition 2026 de Connexions citoyennes. Porté par le Campus groupe AFD et la Fondation de l’Innovation pour la Démocratie, ce parcours accompagne celles et ceux qui souhaitent mettre le numérique au service de la participation citoyenne et de la transformation démocratique.
Six mois pour passer de l’idée à l’action
Comment rapprocher les citoyens des institutions, rendre l’action publique plus accessible et renforcer la participation démocratique grâce au numérique ? C’est autour de ces enjeux que s’est construite l’édition 2026 de Connexions citoyennes, un parcours consacré aux Civic Tech, ces technologies qui permettent aux citoyens de s’informer, de participer aux décisions publiques et de demander des comptes à leurs institutions.
Sélectionnés parmi plus de 800 candidatures, les 24 participants ont suivi six mois de formation, combinant apprentissage à distance et immersion au Sénégal lors de l’École de l’activisme. Au-delà de la maîtrise des outils numériques, l’objectif est de les aider à structurer leurs projets, à mobiliser leurs communautés et à interroger la portée démocratique de leurs initiatives.
À Toubab Dialaw, quatre jours pour expérimenter et prendre du recul
Du 9 au 12 octobre 2026, les participants se sont retrouvés à Toubab Dialaw, à 1h de Dakar, pour la dernière étape de leur parcours. Ateliers collaboratifs, débats, exercices de prospective et prototypage ont rythmé cette résidence, conçue comme un espace d’expérimentation et de réflexion collective.
Parmi les temps forts, un exercice de prospective a invité les participants à se projeter en 2035, entre deux futurs possibles : celui d’un numérique qui rééquilibre les rapports entre citoyens et institutions, et celui d’une technologie détournée au profit de la surveillance. Une réflexion qui fait écho à l’intervention du professeur Achille Mbembe : « les civic tech ne doivent pas seulement digitaliser la démocratie, elles doivent servir sa transformation ».
Cette approche critique est au cœur du programme. Car si le numérique ouvre de nouvelles possibilités d’engagement, il ne saurait, à lui seul, résoudre les défis de la participation démocratique.
Comme le souligne Arnaud Garcette, responsable pédagogique au Campus et responsable du programme : « Il s’agit de mobiliser les outils numériques comme un outil et non comme une fin en soi. » L’enjeu est aussi de prévenir les inégalités, en intégrant dès la conception des projets les questions de genre, de langues locales, d’accessibilité et de protection des données.
Pour Maurice Thantan, expert des Civic Tech et coordinateur du parcours, lui-même ancien participant en 2017, il s’agit avant tout de « mettre la technologie au service de leurs objectifs, et non l’inverse ».
Des projets ancrés dans les réalités des territoires africains
Derrière les 24 participants, une grande diversité d’initiatives répond à une même ambition : permettre aux citoyens de jouer un rôle plus actif dans les décisions qui concernent leur quotidien.
Au Sénégal, Aminata Gueye développe Civic Hero, une application permettant de signaler les dysfonctionnements des services publics et de faciliter le dialogue avec les autorités. La formation l’a notamment aidée à préciser sa stratégie de déploiement : « Mieux vaut commencer avec les communes, voir ce qui marche et ce qui ne marche pas et solutionner ça. »
En Guinée, Hadja Bailo Sacko porte Womafen, une plateforme consacrée à la cartographie des inégalités et à l’identification des jeunes particulièrement exposés à la vulnérabilité climatique.
D’autres projets illustrent cette diversité : à Madagascar, Za Fidy sensibilise les jeunes à leurs droits et devoirs électoraux ; en République démocratique du Congo, Uchunguzi permet aux habitants d’exprimer leurs préoccupations et d’entrer en relation avec les autorités.
Participation citoyenne, accès à l’information, environnement ou inclusion : ces initiatives montrent combien les Civic Tech peuvent contribuer à répondre à des besoins concrets, à condition de s’adapter aux réalités locales.
Apprendre à défendre son projet, mais aussi à le remettre en question
Tout au long du parcours, les participants ont été encouragés à dépasser la seule dimension technique de leurs projets. Prototypage, échanges entre pairs et sessions de présentation leur ont permis de clarifier leurs propositions, de mieux identifier leurs publics et de renforcer leur capacité à convaincre.
Pour Mamadou Coly, entrepreneur sénégalais à l’origine du projet Bokk Impact, la formation a notamment permis de mieux structurer son initiative et d’apprendre à la présenter « face à des investisseurs, face aussi à une communauté ».
Ces acquis constituent l’un des apports essentiels du programme : repartir avec des méthodes concrètes pour faire évoluer son projet, en éprouver la pertinence et préparer sa mise en œuvre.
Plus qu’une formation, une communauté appelée à grandir
Au-delà du renforcement des projets, l’École de l’activisme a favorisé les échanges entre des jeunes engagés dans des contextes nationaux différents, mais confrontés à des défis communs. Les temps de travail collectif et les discussions informelles ont progressivement fait émerger un réseau d’entraide, où les expériences de chacun deviennent des ressources pour les autres.
Pour Zenabo Edmone Kaboré, porteuse du projet Sira Connect au Burkina Faso, « on repart très enrichis, avec un réseau, ce qui est très important en tant que jeune engagé ».
Au-delà des projets présentés et des attestations remises, c’est donc une communauté de jeunes acteurs africains qui prend forme, avec l’ambition de poursuivre les collaborations et de faire vivre de nouvelles formes de participation citoyenne sur leurs territoires.
Et si vous rejoigniez, vous aussi, l’aventure Connexions citoyennes ?
Si cette édition de l’École de l’activisme est terminée, d’autres sont en réflexion. En attendant, les ressources du programme restent accessibles à toutes et à tous !
Proposé par le Campus groupe AFD, le MOOC Connexions citoyennes est disponible en ligne, gratuitement. À travers six séquences, il accompagne le passage de l’idée au projet : comprendre les Civic Tech, structurer une initiative, mobiliser une équipe, élaborer un modèle économique, mesurer son impact et anticiper les risques, dans un contexte marqué notamment par la désinformation, l’intelligence artificielle et le rétrécissement des espaces civiques.
Destinée aux jeunes porteurs de projets, aux organisations de la société civile, aux médias, aux institutions et à toutes les personnes souhaitant contribuer à une action publique plus juste et inclusive, cette formation constitue une première étape pour mettre le numérique au service de la démocratie.
Découvrir le MOOC Connexions citoyennes et s’inscrire gratuitement
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